Haut Languedoc – Minervois

Brèves de voyage

Nous repartons en suivant deux jours la voie verte dans la vallée du Jaur. C’est un plaisir de P1020795marcher sur cette ancienne voie ferrée toute plate et en terre battue, seuls les cyclistes nous font parfois quelques frayeurs car on ne les entend pas arriver ! Puis nous quittons cette vallée pour descendre dans la plaine du Minervois, mais avant il y a P1020820les derniers reliefs à passer. Le temps est bien mitigé et nous nous prenons quelques averses. Heureusement tout un village se montre heureux de nous accueillir, nous passons la nuit dans le champ de « Lili », le vieux maréchal-ferrand, les selles à l’abri dans la grange de sa cousine et les filles dorment au chaud chez une autre personne ! Le lendemain ça y est c’est la plaine, les vignes commencent et nous dormons dans un petit jardin paradis où les deux filles mangent les premières cerises et nous l’herbe haute !

L’agriculture rencontrée

Le long de la vallée du Jaur se trouvent quelques champs dans les zones plates mais celles-ci sont peu nombreuses. Sur les derniers contreforts du massif central, nous retrouvons les châtaigniers et même un plateau avec un peu de flore alpine et des troupeaux de brebis et de moutons. Puis c’est la plaine du minervois et ses vignobles à perte de vue. Le Languedoc est le plus grand vignoble du monde et cela se voit.

Le domaine de Mazy est marqué par la présence d’arbres sous toutes ses formes et notamment d’agroforesterie. C’est une des fermes précurseurs de cette forme d’agriculture où les arbres sont intégrés dans les cultures, dans le but de favoriser la biodiversité, d’enrichir le sol en matière organique, d’avoir un agrosystème plus résilient face aux maladies, aux aléas climatiques, de diversifier les productions, entre autre (la liste est longue)!

Les principales productions sont l’amande, le vin, la figue, les céréales de variétés anciennes (blé dur, blé tendre, orge, avoine, épeautre, engrain) et la viande de brebis.

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Vignes en agroforesterie (amandier et févier d’Amérique) enherbées un rang sur deux

Sur les 100 ha , cultivés en agriculture biologique, 20 ha sont en vigne, dont une partie des parcelles comporte une rangée d’arbres toutes les cinq rangées de vigne. Les arbres sont des féviers d’Amérique (légumineuse enrichissant le sol) et des amandiers dont les fruits sont commercialisés en direct. Le couvert végétal est très riche en herbacées, légumineuses et fleurs, que François prend soin de laisser croitre pour enrichir le sol en matière organique.  A l’inverse des pratiques locales de désherbage total  (dans l’idée de diminuer le risque de concurrence hydrique avec la vigne), sur le domaine, un inter-rang sur deux est travaillé en surface et l’autre est laissé enherbé, avec deux fauches dans l’année.

L’agroforesterie est aussi pratiquée sur une partie des surfaces de céréales (en rotation avec de la luzerne). Sur certaines parcelles, c’est une association avec l’amandier, des fruitiers (abricotier, pêcher) et des féviers d’Amérique et sur d’autres existe une diversité d’essences plus rares, mises à l’essai.

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Étant dans une démarche d’agro-écologie, les animaux ont aussi une fonction sur la ferme, de fumure du sol et d’entretien des parcelles de prairies, de jachère et de luzerne (lorsqu’elle n’est pas entièrement resituée au sol en tant qu’amendement). Le troupeau de 50 brebis (dont les agneaux sont vendus pour la viande) est mené en pâturage tournant rapide, avec un changement quotidien de la zone à pâturer. La surface à pâturer est telle que les brebis laissent peu de refus et que l’amendement est maximal.

Tout est réfléchi pour être autant que possible dans le respect de la vie, du sol, des cycles naturels. François est très intéressé de partager les savoir-faire et les expériences pour évoluer dans les pratiques agro-écologiques. C’est pourquoi il travaille en collaboration avec des équipes de chercheurs en agroforesterie et en semences paysannes, avec des groupes de réflexion, des bureaux d’étude et accueille des stagiaires. Un suivi de puis plus de 15 ans est notamment réalisé par le bureau Solagro sur la qualité des sols du domaine en rapport avec les pratiques agroforestières.

La diversité est le maître-mot de ce lieu!

 

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Jachère de céréale (repousse de luzerne) en agroforesterie

2 réflexions au sujet de « Haut Languedoc – Minervois »

  • Coucou à toutes,
    j’ai enfin compris ce qu’était l’agroforesterie avec cet article. Quelle diversité et quelle belle réussite.
    Bon chemin.

    Carine

  • Le périple semble se poursuivre sous des cieux et températures plus cléments qui doivent faire du bien aux organismes. Merci à vous de nous ouvrir à d’autres horizons. Bonne route à vous quatre.

    Tonton Marco

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