A cheval par monts et par fermes

Projet de césure mené par Léna Haun, et Fanny Guillot

Mi-mars à mi-août 2016

Sur le thème de l’agriculture paysanne de montagne

La naissance du projet

Nous avons envie de partir à la rencontre des agriculteurs et de pouvoir nous investir avec eux afin d’échanger notre motivation contre des savoirs paysans. Nos précédentes expériences de stages à l’étranger (diagnostic agronomique au Maroc pour Fanny, accompagnement d’une association en Roumanie pour Lena) nous ont fait ressentir le malaise d’être dans une posture qui ne peut pas être réciproque pour les habitants du pays visité (ils ne pourront pas se payer un voyage dans notre pays par exemple). Il y avait aussi la frustration de vouloir s’investir dans des projets, mais d’être bloqué par la langue et la différence de culture, qu’il faut d’abord apprendre à connaître. Nous avions le sentiment de d’abord devoir mieux connaître l’agriculture qui nous entoure en France, avant de pouvoir réellement partager avec les gens là-bas. C’est pourquoi notre voyage se fait juste à côté de chez nous !

Une autre raison de ce voyage en France et à cheval est aussi notre envie de voyager sans polluer et à un rythme plus lent. Enfin, que ce soit le rêve bien précis d’un voyage à cheval pour Lena ou celui de camper dehors et d’être libre comme l’air pour Fanny, il y a aussi un peu de ça dans l’affaire…

 

Le cadre du projet

Ces cinq mois « à cheval par monts et par fermes » s’inscrivent dans une année de césure que nous prenons entre notre quatrième et cinquième année d’études d’ingénieur agronome (à l’école de Montpellier), nous donnant la possibilité de faire des stages ou des projets pour nous construire une expérience (et assouvir notre curiosité) en rapport avec l’agronomie.

A travers notre voyage, nous voulons mieux connaître l’agriculture paysanne de montagne et en défendre les valeurs (une relation pérenne avec la nature, un raisonnement global et sur le long terme, l’économie des ressources rares, la création de lien social, etc.[1]) En ce sens, le voyage à cheval est bien plus qu’un moyen, c’est une fin en soi !

  • Le premier objectif de ce voyage est de découvrir la diversité de l’agriculture paysanne française en régions de montagne, en voyageant à cheval. Nous voulons participer aux travaux et à la vie sur les fermes en échange d’être accueillies et de pouvoir y héberger également nos chevaux.
  • Le deuxième objectif est de voyager à un rythme qui permet de s’imprégner des espaces traversés, avec un mode de transport non-polluant et vivant et via un contact différent avec la population locale.
  • Le troisième objectif est de pouvoir faire connaître au grand public un type d’agriculture respectueux de l’homme et de l’environnement et permettant de faire vivre les territoires montagnards. Nous aimerions susciter la réflexion et le débat sur les systèmes agricoles et alimentaires auxquels nous participons, en tant que citoyens.

A la recherche des bons chevaux…

Le petit cheval de Lena nous offrirait toute sa motivation pour voyager avec nous, mais sa boiterie qui dure depuis deux ans nous obligera sûrement à le laisser à la ferme des parents…

L’idée est d’emprunter des chevaux à quelqu’un, car nous reprenons nos études en septembre et que les chevaux dressés, rustiques et « non-utilisés » courent les prés par chez nous. Et les propriétaires prêts à laisser partir leurs êtres chéris vivre une telle aventure … aussi ! Nous pensions partir avec trois chevaux : deux de selle et un de bât. Au fil des rencontres (à commencer par les CALC lors de l’AG), nous réalisons qu’être accompagné par deux quadrupèdes herbivores peut être plus facile et occasionner moins de soucis de blessures de bât. La taille de la troupe dépendra donc finalement du physique des chevaux choisis !

Une première jument, croisée fjord de 11 ans, a déjà fait ses preuves lors de la première rencontre/balade sous la pluie pendant 3 heures, d’un bon pas, à l’aise et à l’écoute. D’autres rencontres avec des chevaux sont au programme d’ici peu … il semblerait même que nous avons l’embarras du choix !

 

Autres préparatifs

Pour l’harnachement, il y aura peut-être des arrangements à prévoir. Les chevaux qu’on nous propose n’ont pas forcément une selle de rando (et tout le matériel qui va avec) qui leur va. Nous sommes plutôt dans l’optique d’emprunter le matériel, éventuellement contre une participation, et sommes donc ouvertes à toute proposition de personnes voulant prêter une selle de randonnée ou en vendre une d’occasion. Evidemment, cela dépendra du cheval et est à essayer sérieusement.

Pour les bivouacs, nous opterons sûrement pour la solution piquets télescopiques-fil, qui sera aussi plus adaptée que la longe ou l’entrave pour les arrêts de plusieurs jours sur les fermes.

Le petit point délicat, ou plutôt incertain, sont les pieds : Lena a une bonne expérience de parage de chevaux pieds-nus, c’est donc ce que nous préférerions pour le voyage, pour valoriser cette rusticité des chevaux, être autonomes et dépenser moins d’argent.

Avec un rythme alternant entre quelques jours (maximum dix) de marche et un arrêt d’une semaine sur une ferme, il nous semble envisageable de garder les chevaux pied-nu, mais nous nous adapterons, en gardant le ferrage comme possibilité.

 

Aller au cœur du sujet

En pratique, nous pensons rencontrer les agriculteurs du réseau WWOOF [2] (des fermes en agriculture biologique qui accueillent des volontaires) et leur proposer notre aide en échange d’être hébergé et de partager leur quotidien pendant quelques jours. Nous aimerions faire un retour de ce voyage pour illustrer la diversité qui existe dans l’agriculture paysanne de montagne, ouvrir des débats sur les systèmes agricoles et alimentaires qui nous entourent et auxquels chacun prend part, en tant que citoyen. Pour nous, l’agriculture paysanne est fondamentale au maintien des paysages et du bon fonctionnement des territoires montagnards, et nous voulons mieux faire connaître ces enjeux. Nous ferons ces retours dans notre école d’agronomie et auprès de tous ceux qui seraient intéressés : des communes qui nous aurons peut-être soutenu financièrement, des lycées, les CALC…

 

L’itinéraire

Il est (plus ou moins volontairement) peu précis pour l’instant : Drôme, Ardèche, Lozère, Aveyron, Tarn, Tarn-et-Garonne, Ariège, aller et retour, avec possibilité de ne pas aller jusqu’au bout si le temps venait à manquer ! Nous pensons nous servir de cartes IGN, achetées ou empruntées au fur et à mesure, et contacter nos fermes d’accueil au fur-et-à-mesure via le réseau WOOFING, Accueil paysan et de bouche à oreille. Si le choix de faire sans GPS ou autre outil technologique moderne (dont nous sommes fan, vous vous en doutez !) semble vraiment contraignant, encombrant, etc. à certains d’entre vous, n’hésitez pas à nous faire part de vos conseils ou expériences !

⇒ Nous avons aussi une autre demande : si vous avez connaissance d’un stage de ferrage/déferrage de secours, Lena serait intéressée d’y participer (pour être plus à l’aise en cas de chevaux ferrés avec un pépin sur la route), en Rhône-Alpes et avant mi-mars…

 

Voilà où nous en sommes… Certes, il reste encore beaucoup de choses à clarifier avant de partir, mais on est confiantes, et on ne se met pas la barre trop haut !

Nous vous tiendrons au courant des avancées de la préparation, de l’équipe … et du voyage en soi !

 

Nous contacter

Lena Haun lena.haun@gmail.com 06.74.81.96.97

Fanny Guillot fangui.laloux@laposte.net 06.02.38.72.64


 

[1] Les dix principes de l’agriculture paysanne par le réseau FADEAR : http://www.agriculturepaysanne.org/la-charte-de-l-agriculture-paysanne

[2] Le site WWOOF France : http://www.wwoof.fr/

 

4 réflexions au sujet de « A cheval par monts et par fermes »

  • Avec une monture ainsi nommée, le projet ne peut être que porteur de bien belles choses…
    « Il faut toujours viser la Lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles » Oscar WILDE

    On vous suivra par ce bien beau blog ou par FB…
    Bonne route.

    Marc, L’Oncle d’Abelgique

  • Quel beau projet les filles ! Je vous souhaite que du bonheur lors de votre périple! En se qui concerne les pieds de vos chevaux , bon choix de partir pieds nus .. Moi je randonne pieds nus et c’est super . Par contre je vous conseil plus tôt de faire le choix de prendre des chaussures au cas où . Regardez sur le site du Calc une équipe est partie pieds nus et conseil des chaussures . Bon voyage.

  • c’est un beau projet à pleins de différents points de vues. C’est marrant, ça me fait penser un peu à un voyage en bateau, avec un itinéraire ds les grandes lignes, mais souple et adaptable aux conditions, aux événements, à la météo :-) et puis aussi des « traversées » et des escales plus ou moins longues dans les fermes dans lesquelles vous resterez… Une forme d’aventure ouverte sur le grand large, même s’il s’agit de la montagne !…
    Et votre moyen de déplacement à apprendre à connaître, à ménager, à apprécier et à « maîtriser » ds les rares moments p-ê un peu plus tendus ? A la fin vous y serez attachées !

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